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Le monde antique consacrait déjà le diamant comme la plus précieuse des gemmes. Son nom grec, ADAMAS (l’invincible) cité par PLINE L’ANCIEN évoque les extraordinaires propriétés de ce minéral dont les légendes sont tout autant associées à sa découverte (surtout pour les diamants des INDES) qu’à ses pouvoirs magiques. On lui attribuait la faculté de protéger la personne qui le possédait contre les ennemis et les poisons, et de la préserver des maladies.
En astrologie, c’était la pierre des natifs du signe de la VIERGE à BABYLONE, du CANCER en GRECE et du BELIER à BYZANCE. Symbole de richesse, le diamant ornait presque toutes les couronnes royales. Dès le IVème siècle avant notre ère, le premier empereur des INDES (322-298) fixe la législation concernant l’exploitation du diamant, ses critères d’évaluation (forme, propreté, densité), indique clairement les espèces minérales et les taxes qui le frappaient.

 
Le symbolisme du diamant fut transmis aux Grecs et aux Romains. En renversant les dieux et le symbolisme de l’Antiquité classique, le développement du christianisme
entraîne l’effondrement de la valeur des beaux cristaux de diamant. Cependant, c’est pour VENISE, devenu le grand centre d’échanges commerciaux entre l’Europe et l’Orient, et sa succursale BRUGES, que s’est développé le commerce du diamant : dès le XIIIème siècle des quartiers de diamantaires virent le jour à PARIS, FRANCFORT, etc… les échanges commerciaux s’intensifièrent avec les croisades et il est probable que les premiers essais européens de facettage eurent lieu à VENISE.Inventée en 1498 par VASCO de GAMMA, la route maritime entre l’EUROPE et les INDES favorisa peu à peu LISBONNE aux dépens de VENISE tandis que s’annonçaient le déclin de BRUGES et le développement d’AMSTERDAM.
C’est alors que la demande en diamants fut stimulée pour l’intérêt que lui portèrent les Cours Royales : MAZARIN encouragea les diamantaires français, si bien que l’idée de la taille en “double rose” lui est parfois attribuée (les dix-huit pierres qu’il légua à la Couronne de France, dénommées ultérieurement “MAZARINS” pour cette raison, constituèrent une partie importante de la collection des diamants de la Couronne). Les princes indiens entreprirent une exploitation intensive. Les négociants européens allèrent se fournir sur place, dont le plus habile fut J.B.TAVERNIER (1608-1689) ; en 1669 il ramena notamment le Diamant Bleu, devenu ultérieurement le HOPE, à Louis XIV qui l’anoblit.
A la fin du XVIIème siècle les prétentions des princes indiens étaient telles que les NEERLANDAIS et les PORTUGAIS renoncèrent à importer le diamant et laissèrent faire leurs concurrents anglais, ce qui permit le développement de la place de LONDRES. C’est en 1725 qu’un portugais a identifié des diamants au BRESIL. Très rapidement la production brésilienne supplanta la production des Indes dont les mines étaient presque épuisées. Malgré la découverte de riches gisements, l’exploitation intensive entraîna, avec leur épuisement, une chute de la production à partir de 1850. C’est alors que commença l’épopée africaine. Les premiers diamants africains ont probablement été trouvés sur les bords de la rivière VAAL en 1859. Il fallut attendre 10 ans pour reconnaître la richesse des gisements et ce fut la ruée. Du monde entier des milliers d’aventuriers envahirent l’Afrique du sud. En 1887, trois groupes se partageaient le contrôle des mines : DE BEERS MINING Co créée en 1880 par Cecil RHODES, KIMBERLEY CENTRAL MINING Co et la COMPAGNIE FRANÇAISE DES MINES DE DIAMANTS DU CAP DE BONNE ESPERANCE. En 1889 la DE BEERS demeure seule et contrôle 90% de la production des diamants bruts de l'époque.
Le prix moyen du carat passe de 18 shillings 6 pences en 1889 à 32 shillings 6 pences en 1890. En raison de la découverte de nouveaux gisements, de nouveaux prospecteurs, de la crise économique de 1913 qui fit chuter la demande et les cours, la suprématie de DE BEERS s’effiloche (en 1917 : –40% de la production). En 1915, une conférence des pays producteurs fut organisée afin de soutenir les cours en adaptant la production à la demande. Ces quotas fixés traduisaient l’importance de chaque groupe (DE BEERS 48,5%, JAGERSFONTEIN 11%). Et un bureau de ventes commun fut organisé à LONDRES. Malgré l’arrivée de nouveaux pays producteurs CONGO, ANGOLA, UNION SOVIETIQUE, AUSTRALIE, c’est le mécanisme qui contrôle actuellement 80% de la distribution des diamants bruts.

Quelques diamants célèbres:

 

Centenary
Jubilee
Orlov
Régent
Premier Rose
Reine de Hollande             Niarchos                               
Kuh-i-Nur                               
Briolette des Indes              
Spoonmaker ou Pigott       
Chah                                         
Népal                                        
Taylor-Burton                         
Sancy                                       
Etoile d’Afrique du Sud
Etoiled’Arkansas
273,85
235,35
189,62
140,50
137,02
135,92
128,25
106
90,38
85,8
88,70
79,41
62,42
55,23
47,75
8,27

 

Le Régent,

Le Régent,un des plus beaux diamants du monde, a une histoire intéressante et bien documentée. Il fut trouvé en 1701 à Golconde, dans la mine Partial ; à l’état
brut, il pesait 410 carats. Il fut vendu tel quel à Thomas Pitt, alors gouverneur de Madras, pour environ cent mille dollars.

En 1717, Pitt le vendit, toujours brut, à Philippe, duc d’Orléans et régent de France.Son prix s’était élevé à plus de six cent cinquante mille livres sterling. Il fut ensuite taillé en brillant à Londres et réduit à 140,5 carats. Il prit depuis ce moment le nom de Régent et fit partie du Trésor royal de France. Il figurait sur la couronne que Louis XV arbora lors de son sacre en 1722, et Marie-Antoinette le porta fréquemment comme bijou.En 1792, le diamant fut volé avec le Bleu de France et d’autres joyaux de la Couronne. Contrairement à bon nombre d’entre eux, on le retrouva rapidement.

En 1797, il fut mis en gage par le gouvernement, mais racheté cinq ans plus tard. Pour son sacre en 1804, Napoléon Bonaparte fit sertir ce grand diamant dans la garde de son épée. Lors du couronnement de Charles X en 1825, le Régent ornait la couronne royale et il y resta jusqu’au jour où on le plaça sur le diadème de l’impératrice Eugènie. En 1887, les joyaux de la Couronne française furent vendus aux enchères, à l’exception du Régent qui prit le chemin du Louvre, où il se trouve encore aujourd’hui. Pendant la seconde guerre mondiale, on le dissimula dans du plâtre, derrière le marbre d’une cheminée duchâteau de Chambord. Après les hostilités, il a repris sa place initiale.

Le Sancy
L'histoire du Sancy est longue et compliquée, d’une part en raison du manque de données, d’autre part parce que deux diamants connus sous le nom de Sancy ont été confondus dans plusieurs relations historiques. Découvert aux Indes et taillé selon les techniques de l’époque, ce diamant de 55 carats parvint en Turquie où Nicolas Harlai de Sancy, ambassadeur de France, l’achète en 1570, et l’emporte en France. Le seigneur de Sancy devient plus tard surintendant des Finances. Le roi Henri III lui emprunta le diamant puis le lui rendit.
Sancy voulut transférer son diamant à l’étranger, un messager fut chargé de porter la pierre mais ne parvint jamais à destination. Sancy se mit à sa recherche, trouva son cadavre : des voleurs avaient assommé le messager, le diamant avait disparu. Connaissant la loyauté du messager, Sancy pensa qu’au moment du danger celui-ci pouvait fort bien avoir avalé le diamant pour ne pas le laisser aux mains des brigands. Sancy fit disséquer le cadavre et rentra en possession de son bien. Sancy parvint à envoyer le diamant à son frère, ambassadeur à Londres, qui le vendit à Jacques Ier en 1604. Il sera mentionné dans l’inventaire des joyaux de la couronne britannique en 1605, comme “un diamant féerique, taillé en facettes, acheté à Sancy”. En 1722, il est placé au faite de la couronne du roi Louis XV. Plus tard, le Sancy est utilisé comme bijou par Marie-Antoinette.